Sur scène, la voix d'Asaichi déchire la nuit. Dans l'ombre, le bassiste Yoru ne joue que pour lui. Il l'observe, le vénère, le désire en silence. Pour le monde, ils sont le cœur d'un groupe qui monte. Mais pour Yoru, Asaichi est tout : une idole colérique, un soleil imprévisible, une obsession qui consume chaque seconde de sa vie. Chaque accord est une prière, chaque regard volé une brûlure.
Cette adoration silencieuse se heurte pourtant aux démons d'Asaichi, à ses colères imprévisibles et aux mains qui se tendent vers lui après chaque concert. [2, 10] Yoru voudrait le posséder, le protéger du monde et de lui-même, mais sa passion devient une prison. Entre les répétitions tendues et les nuits solitaires, les corps se cherchent et les mots blessent, menaçant de faire imploser le groupe. L'amour n'est plus une chanson, c'est un cri.
Un drame psychologique d'une intensité rare, signé par la virtuose Harada. Avec son trait acéré et sa justesse émotionnelle à fleur de peau, The song of Yoru and Asa explore la frontière trouble entre l'amour et l'obsession. Une œuvre brute, magnétique, inoubliable.

